Coup de gueule (La circulation en Asie)

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08/07/2009 - Pays : Vietnam - Imprimer ce message

Après avoir abordé, la question des touk-touks, il coulait de soi que j’aborde celui de la circulation en Asie. Vaste sujet, mais je ne vais pas trop m’étendre (enfin si, un peu quand même).

Si vous venez d’un pays occidental, oubliez tous vos réflexes, votre conception de la circulation sinon vous risquez de vous retrouver rapidement à l’hosto. En Asie, dans n’importe quelle rue ou avenue, la seule loi qui compte est la loi de jungle : la loi du plus fort ! Si vous êtes plus gros vous passez, sinon laissez l’autre passer. C’est aussi simple que cela.

Les villes en Asie sont très denses et donc il y a toujours une forte concentration d’automobiles et de deux-roues. D’où la nécessité d’être très vigilant. Avant de louer un véhicule dans cette région mieux vaut que vous preniez le temps d’observer pendant une semaine. La remarque est aussi valable, et même plus, si vous êtes un piéton.

Les touk-touks et les motos ne respectent aucune règle. Ils se faufilent à gauche, à droite, dans le moindre petit espace. Ils montent sur les trottoirs en slalomant entre les passants, roulent à contre-sens. N’essayez pas de gesticuler pour vous plaindre, ils vous regarderont d’un air surpris. Une façon de vous dire « Mais c’est quoi le problème ?!! ».

Et c’est bien là qu’il va falloir vous y faire. C’est qu’ici, ce comportement est normal : c’est à vous de vous adaptez, et pas à eux de s’adapter à votre conception de la circulation !

Jai vu des motos slalomer sur les trottoirs entre les passants : ceux-ci se poussaient sans broncher. J’ai vu des motos et des touk-touks prendre des avenues en contre-sens : ça ne posait aucun problème à ceux qui arrivaient en face. J’ai vu des petites « touchettes » entre motos : les conducteurs continuaient comme si de rien était. C’est l’état d’esprit ici.

La loi du « plus gros à toujours raison » est encore plus vraie pour un piéton, parce que c’est lui, le plus faible de la chaine.

Lorsque vous traversez une rue, regardez bien à gauche et à droite même si celle-ci est à sens unique : il peut toujours arriver des deux-roues à sens en sens contraire. Si vous êtes au milieu de la route, en train de traverser, ne vous dites pas que le véhicule qui vous fonce dessus va ralentir pour vous laisser tranquillement terminer de traverser. Vous avez tout faux. Il vous foncera dessus en klaxonnant s’il le faut, mais il ne s’arrêtera pas. Et ne pensez pas que les autres piétons auront de la compassion pour vous. Ils ne vous diront qu’une chose : « C’était lui le plus gros, pourquoi voulais-tu qu’il te laisse passer ? ». Cette conception de la circulation est bien ancrée dans les mentalités.

Lors de mes premiers jours à Pékin, je finissais de traverser une voie, un véhicule me fonçait dessus. Alors je me suis dis qu’il ralentirait ou qu’il passerait derrière moi. Et bin non, il a accéléré, m’a contourné par l’avant en me frôlant avant que je finisse de rejoindre le trottoir d’en face. Une façon de me faire comprendre, qu’il était le plus gros et que j’aurais dû attendre.

Vous ne verrez jamais un véhicule ralentir ou s’arrêter pour laisser passer un piéton. Jamais ! Ralentir pour eux, serait vécu comme une humiliation. Si je ralentis c’est que je ne suis pas le plus gros, que je ne suis pas le plus fort, c’est que je ne me fais pas respecter. C’est inadmissible. Au diable la courtoisie, il n’y a pas de place pour les faibles ici !

Lorsqu’il y a un feu rouge à un croisement, ceux qui tourne à droite ont le droit ne pas s’arrêter. Cela a comme conséquence que dans beaucoup de rues, la circulation est continue, sans pause. Comme il n’y a pas de feu pour piéton, si vous ne prenez pas de risque, vous n’arriverez jamais à traverser.

A Ho Chi Minh City, une vieille dame m’a proposé de m’aider à traverser lorsqu’elle a vu que cela faisait 10 minutes que je poireautais sur le trottoir (j’ai filmé avec ma caméra pour immortaliser ce moment).

Bizarrement, je n’ai assisté à aucun accident sérieux, parce qu’ils ne roulent pas extrêmement vite, et ils réagissent très rapidement à tout changement de situation.

Tout ce que je viens d’écrire n’est, bien sûr, pas valable pour le Japon, Hong Kong et Macao. Ce comportement atteint son paroxysme au Vietnam, un peu moins en Chine (un tout petit peu moins alors).

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