Départ pour les « Trois gorges »

28/04/2009 - Pays : Chine - Imprimer ce message
Je n’ai encore pas pu me lever avant 9h. Cela devient une habitude et à vrai dire, ça ne me culpabilise même plus. J’ai cette fois une excuse : je suis sorti hier avec les français que j’avais rencontré dans le train pour Shanghai. Le rendez-vous était au « Zapata’s », un bar qui se veut hispanique, mis où il passait plus de Rock et de Hip-Hop que de Salsa. La plupart étaient des étudiants occidentaux, de milieux plutôt aisés. Ce matin je dois faire vite car j’ai mon avion à 13h40 ! J’ai décidé hier, sur un coup de tête, de changer mon itinéraire et de visiter les « Trois gorges ». C’est un site très connu pour la beauté de ses paysages et de ses chutes le long d’un affluent du Fleuve Jaune (si j’ai bien tout compris, mais vous pouvez vérifier que je ne raconte pas de conneries). J’ai eu un billet hier pour 80 euros. Je n’ai rien préparé en ce qui concerne mon arrivée sur place, j’espère que je ne vais pas me planter. Je prends un copieux petit dèj, je me douche, je me rase, je range mes sacs à dos et c’est parti ! Au passage, je dis « au revoir » à Ben et au deux Norvégiennes. On s’échange nos emails. La routine. C’était, pour moi, la meilleure auberge de Shanghai : le « Etour Youth Hostel », si vous passez dans le coin … Pour rejoindre l’aéroport, je prends le Maglev. C’est un train à lévitation magnétique qui atteint les 300 km/h en 3 minutes : une sorte d’Orlyval en mieux. A l’aéroport, l’enregistrement des bagages se passe bien, mais j’ai un petit souci aux détecteurs de métaux : j’ai oublié de ranger mon couteau suisse, mon briquet et ma bouteille d’eau en soute. Je suis obligé d’envoyer mon dernier sac à dos en soute pour ne pas avoir à tout jeter. Je suis dans une place couloir, et à coté de moi, au milieu de la rangée, se trouve une femme avec un enfant de 2 ans sur les genoux ! Bin, c’est quand même incroyable, on n’aurait pas pu les mettre à une place plus appropriée ?! Heureusement qu’il y avait des places de libre devant moi : je lui libère la mienne tout de suite après le décollage. Le vol s’est bien passé. On a eu droit à une séance de gymnastique pour se décontracter le cou, les bras et les jambes, sous les instructions du commandant de bord et assisté des stewards. Tout le monde s’appliquait à effectuer les mouvements. Je me suis pris au jeu. C’était assez irréel, en tout cas vachement marrant. Je n’ai pas voulu prendre de photos pour ne pas vexer les autres passagers. Ne comptez pas trop dormir dans l’avion : le steward a pris le micro et ne l’a pas lâché pendant plus d’une heure. Il s’est époumoné à nous vanter toute sa camelote (serviette de plage, jouet, gourde plastique, rasoir électrique …) comme dans « Télé-achat ». Chaque fois qu’un passager était intéressé, il appuyait sur le bouton « appel hôtesse », et celle-ci faisait des aller et venu pour apporter l’objet tant désiré. Je peux vous dire que les objets partaient comme des petits pains ! Ça n’arrêtait pas de sonner. Quand l’hôtesse n’arrivait pas assez vite, ils l’appelaient tout en agitant leur liasse de billets. Surréaliste, faut le voir pour y croire … L’avion atterrit après plus de deux heures de vol. J’essaie de trouver rapidement une agence pour réserver ma croisière de demain. Une agence de l’aéroport me propose le trajet pour 220 euros. Wouah !! Si c’était en Europe, ce prix me paraitrait raisonnable : 3 jours de navigation sur le fleuve, repas compris, ainsi que les excursions et les activités. Mais je n’ai aucune idée de se que ça peut valoir en Chine. Il est bien là le problème. Est-ce que je ne me fais pas arnaquer ?! Le problème, c’est qu’à 17h, je n’ai pas du tout envie de faire le tour de la ville avec mes sacs à dos pour grappiller quelques euros. Donc, je donne mon accord. Le départ est aujourd’hui même à 22h (une bonne chose car je n’avais pas encore réservé d’auberge). Je dois retirer de l’argent au distributeur. La fille de l’agence me suit ! Elle a peur que je me casse en douce ou quoi ? J’ai de plus l’impression, quelle a flairé la bonne affaire avec moi, et qu’elle ne veut plus me lâcher. Je compte les billets devant elle. Tous ces billets impressionnent certains clients. Les autres filles de l’agence me regardent en souriant. Euh … elles sourient ou elles se foutent de ma gueule ??! J’ai comme la fâcheuse impression de me faire pigeonner. Faites pas trop les marioles ! Si j’aimais j’apprends que les autres passagers ont payé moitié moins, je le sabote votre ferry ! Je lui dis que je vais sur Canton après la croisière. Elle me propose de booker un billet pour Canton via son agence. On ne peut pas booker à l’arrivée ? C’est compliqué d’après elle. Bon, comme je ne veux pas m’embêter avec ça, je prends le billet chez elle. Quand je vous disais qu’elle a trouvé le vrai gros pigeon, bien gras, qu’elle ne lâchera pas de sitôt. Le genre de pigeon qu’on ne croise qu’une fois dans sa vie. Ensuite, elle me propose encore de faire un stop dans une ville avant Canton, histoire de faire une petite visite ! Non, mais oh ! Je me rends directement à l’embarcadère par le minibus de l’agence (qu’ils ne m’ont même pas fait payer ! C’est pour vous dire la marge qu’ils ont fait sur ma tête). Et là, je dois dire qu’en voyant l’état du port et des ferrys, j’aurais fait demi-tour si je n’avais pas déjà payé ! Mais heureusement que l’état intérieur était beaucoup mieux. Je suis seul dans une chambre de deux : c’est « cadeau » selon Tony mon guide. C’est sûr que le bateau n’est pas plein. La nuit tombée, je fais quelques photos de la ville illuminée de partout. Je trouve ça scandaleux ! Autant, je peux comprendre que des villes comme Shanghai ou Las Vegas illuminent tous leurs bâtiments de néons (il faut quand même rêver un peu), autant une ville Chongqing qui n’est pas touristique autorise une telle débauche de lumière, c’est inadmissible. Voilà, le ferry mets les voiles à 21h précise.
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