Départ pour Macao

05/05/2009 - Pays : Macao - Imprimer ce message

Je commence à être bien rodé : j’arrive à boucler mes sacs à dos en moins de 20 minutes. Ce midi, direction Macao. Pour info, Macao est une ancienne concession portugaise que la Chine avait donné à ces derniers en échange de leur aide dans le règlement d’un conflit dont je ne me rappelle plus (comme devoir à la maison : aller vérifier sur Wikipedia, je ramasserais les copies à la fin du prochain cours).

Auparavant, je passe dans un Mac Donald’s (cela peut surprendre, mais la Chine c’est le pays des Mac Do, KFC et autres Starbucks). J’arrive à la gare routière que j’avais déjà repérée hier. Pour Macao et Hong Kong, il y a des bus pratiquement toutes les demi-heures sans nécessité de réserver. J’embarque dans mon bus, et celui-ci démarre à 13h10. Le trajet s’est déroulé sans encombre et a duré près de 2h30.

Le bus nous dépose à Zuhai, à la frontière de Macao. C’est à cet endroit que l’on passe la douane. Je fais la queue dans la file des « non résident » après avoir rempli mes formulaires. Cela a l’air d’avancer assez vite. Un groupe de jeunes filles grandes et minces passent sur la file d’à côté. C’est d’autant plus surprenant que les chinoises sont généralement assez petites : ce sont surement des mannequins qui travaillent à Macao. Celui qui me précède, assez âgé, me demande de l’aider à remplir son formulaire. Il a un passeport afghan.

C’est bientôt notre tour, les douaniers sont tous masqués, cela doit être à cause de l’épidémie de grippe porcine. Le douanier met 10 fois plus de temps à vérifier les papiers de mon ami afghan. Tout y passe : multiple vérifications sur l’ordinateur, scannérisation du passeport, appel du supérieur. Il ne fait pas bon voyager en étant Afghan ces temps-ci. Ceci dit, on se demande bien ce qu’un afghan peut bien aller faire à Macao, le pays des casinos, hein ? Enfin bon, je dis ça comme ça : il y a bien des français qui voyagent en sac à dos et qui y vont …

Mine de rien, je constate que, dans quelques minutes, je vais bientôt dire adieu à la Chine continentale. Macao comme Hong Kong, sont des régions ayant un statut spécial n(on n’a pas besoin de visa). Si je veux retourner en Chine, il me faudrait faire une nouvelle demande de visa.

Je passe la douane sans souci : Je suis maintenant à Macao et ça se voit. La plupart des inscriptions publiques sont en portugais (mais doublées en chinois et beaucoup en anglais). Je prends un taxi pour aller à l’auberge. Ils roulent à gauche, surprenant, non ?! En Chine on roule à droite et au Portugal aussi : encore un coup des Rosbeef, je parie.

Il fait beau et chaud. C’est bizarre, je sens quelque chose de différent ici, l’air semble sain pourtant on est dans une grande ville. En fait, on est entouré par la mer, à quelques centaines de mètres. On est donc baigné dans l’air marin. On traverse une succession de quartiers modernes et d’autres plus traditionnels avant d’arriver à l’auberge.

L’auberge est au numéro 24 de la rue et il faut monter au troisième étage. L’endroit est sordide. Plus je monte, plus j’angoisse sur ce qui m’attend là-haut. Je suis accueilli dans un bureau par un gars charmant. J’avais réservé par Internet, je dois juste faire l’acompte. Il acceptait mes Yuans chinois, mais je dois absolument faire du change en dollar de Hong Kong ou mieux en dollar de Macao (Et oui, on a 3 devises dans un même pays). Il me remet mes clés, et m’invite à le suivre pour se rendre dans la chambre.

Je pensais que l’on allait sortir du bureau. Et bien non, il ouvre une des deux portes qui je pensais être des pièces de rangement : ce sont nos chambres ! Chaque chambre doit faire 2m sur 3m à tout casser, et on est 6 à dormir dedans. Juste une toute petite fenêtre et rien d’autres. Je n’ai même pas de place pour mettre mes sacs, je dois les mettre sur mon lit. C’est vraiment scandaleux, je ne comprend pas qu’un site sérieux aie pu référencer une auber … enfin, je veux dire un taudis pareil !

On est 12 en tout dans ce petit appart, avec une seule douche, un seul lavabo et un seul cabinet (le tout dans le même local évidemment). Au moindre incendie, on est tous cramés. Ce mec, c’est un escroc : 18 euros pour ça ! A Pékin pour 5 euros, je vivais dans un palace. Je tombe de haut. J’ai l’impression d’être comme certains travailleurs étrangers qui se retrouvent parkés dans le 18ème arrondissement, dans des locaux insalubres, en payant le prix fort.

Il y a deux françaises et un français avec moi. Ils sont un peu endormis. Je préfère filer rapidement pour visiter que de rester ici. Ce fut d’ailleurs une bonne idée : j’adore Macao. On dit qu’il n’y a pas grand-chose à faire que d’aller au casino, c’est en partie vrai, mais la ville est très agréable. Et puis rien que pour l’air marin, ça change tout, ça vous donne du tonus.

Je n’ai jamais croisé autant de monde qui faisaient du sport, du footing surtout mais aussi du vélo et de la muscu. En 1 mois en Chine continental, je n’ai croisé que 3 personnes en tout et pour tout qui faisait leur footing. Je suis un peu surpris, je pensais que les Chinois étaient plus sportifs que ça : il n’y a que le Tai chi qui a du succès, ainsi que le basket chez les jeunes. D’ailleurs, il va falloir que je m’y remette aussi : depuis que je suis ici, je n’ai toujours pas fais de sport à part « marcher » et « porter mes sacs ».

Je me suis baladé jusqu’à 23h, surtout le long du front de mer et dans les quartiers historiques. Il y a beaucoup d’hôtels et de casinos mais aussi beaucoup de magasins de luxe. Les quartiers traditionnels offrent un grand contraste, car ils sont un peu à l’abandon. Les Chinois de Macao sont un peu plus costauds que ceux du continent. C’est  dû à un métissage avec les résidants portugais.

De retour dans la chambre, je suis avec les deux autres colocataires, japonais, qui sont un peu dégoutés comme moi. Les ventilos tournent à fond pendant toute la nuit, c’est le seul moyen de renouveler l’air. Je mets mes boules quiès. On verra bien …

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