Fraser Island

24/08/2009 - Pays : Australie - Imprimer ce message

J’ai viré pas mal de sites à visiter dans mon itinéraire sur l’Australie, et je commence à y voir plus clair. J’espère que ça tiendra la route, on verra bien. Aujourd’hui, c’est Fraser Island qui est sur ma feuille de route, avec un départ à 6h du matin. J’ai voulu gérer ça par moi-même, en prenant un ferry puis de louer un 4X4 (Il n’y a que les 4X4 d’autorisés sur l’ile), mais ça revient beaucoup plus cher qu’une excursion. De plus, il faut payer un permis pour rouler sur l’ile qu’il est impossible de visiter à pied car elle est immense.

Il faut plus demi-heure pour rejoindre l’ile en ferry, à partir de Hervey Bay. Notre guide-chauffeur nous embarque dans une sorte de mini-bus 4X4 : on dirait un engin de l’armée. Par la suite, on comprend que cet engin n’est pas superflu. On doit rejoindre le lac MacKenzie au centre de l’ile, et cela nous a pris, là aussi, pas loin près d’une demi-heure. Une demi-heure à gigoter dans tous les sens sur notre siège. J’ai même failli être éjecté de mon siège plusieurs fois car je n’avais pas bouclé ma ceinture. C’est un vrai rodéo.

L’ile de Fraser est une ile unique dont le sol est entièrement recouvert de plusieurs mètres de sable. La forêt a ensuite poussée sur ces dunes de sable, en prenant appui sur un sol rocailleux en profondeur. Les arbres y sont donc, en général, assez impressionnants en taille. Toutes les routes intérieures sont donc entièrement sablonneuses. On comprend mieux pourquoi il est si difficile de pouvoir circuler par soi-même sur l’ile. Un couple est coincé dans leur 4X4. Le véhicule patine, impossible pour eux d’avancer. On les écarte de la route, car ils bloquent le passage. Notre chauffeur peste contre les autorités qui laissent n’importe qui conduire ici, alors qu’il lui a fallu plusieurs années pour maitriser la conduite exigeante que nécessite l’ile. Et, je le comprends, si j’avais pris un 4X4 par moi-même, je crois bien que j’aurais fini enlisé quelque part au milieu de la forêt !

On arrive enfin au lac. L’endroit est paradisiaque. C’est un lac d’eau douce, sur du sable fin. On jurerait que l’on est à la plage. L’eau est limpide, d’une couleur bleu-vert. Magnifique. D’autant plus magnifique, qu’il faut se dire que c’est un lac et non une plage ! Je pars en faire son tour. J’entends au loin une famille, qui était dans mon bus, discuter en français. Je ne le savais pas. J’approche, j’entends le père dire « Tiens, en parlant du loup, on voit sa queue ». Sa femme lance à son mari un « Kirikou » en rigolant. Je leur fais un sourire et je passe mon chemin, en feignant de n’avoir rien compris.

L’excursion comprend une marche dans la forêt, où notre guide nous explique la formation de l’ile et les particularités de certains arbres. Il a l’air très amoureux de son pays, comme la plupart des Australiens. Je m’étais beaucoup avancé à Bali, en disant que je n’avais pas beaucoup de problème à comprendre l’anglais australien. J’ai beaucoup de mal à comprendre mon guide. Quand il reste dans des explications formelles, ça va. Mais quand il part dans ses délires ou dans ses blagues, tout le monde rigole sauf moi (enfin si, je rigole des fois, même quand je n’ai rien compris).

Je sympathise avec une Américaine qui fait un voyage solo en Australie comme moi. Je comprends mieux ce qu’elle dit que les autres Australiens du groupe. Elle fait guide de montagne dans l’Ouest des Etats-Unis, et a profité de la crise pour prendre des vacances. Elle continue son itinéraire vers le Sud du pays, à Byron Bay. Dommage.

Après le déjeuner, on a rejoint l’autre versant de l’ile. C’est impressionnant. On a roulé pendant plusieurs dizaines de minutes à vive allure le long de la mer, sans jamais en voir le bout. On s’est arrêté à Eli Creek. C’est une sorte de petite rivière qui rejoint la mer, entre les branchages. Cela lui donne au lieu un air d’oasis. Un coucou se pose non loin sur la plage. Cette ile est vraiment bizarre, j’ai l’impression de baigner dans une atmosphère irréelle. Une mamie australienne me demande d’où je viens. Je lui réponds. La famille française se trouvait juste à côté. Le couple se regarde longuement d’un air gêné. Je me doute bien de ce qu’ils doivent se demander : « Il a entendu ce qu’on disait ce matin ou pas ? ». Je n’ai pas cherché à dissiper leur doute.

Notre guide m’a un peu cassé les pieds. Je suis rentré dans une épave rouillée de bateau, alors que pour des raisons de sécurité, il avait demandé de ne pas le faire. Sauf qu’avec son anglais de merde, je n’ai rien capté. Enfin bon, tout est rentré dans l’ordre. Il est au fond, très sympa et a l’air de m’apprécier.

Le long de la plage, on a aperçu des baleines au loin, grâce aux puissants jets d’eau qu’elles expulsent. La région est, en effet réputée pour pouvoir admirer les baleines lors de leurs migrations. La journée s’est ensuite terminée en retraversant toute l’ile dans l’autre sens. Ça a secoué pendant une heure, comme si on était sur un bateau.

Fraser Island vaut vraiment le détour, les sites sont magnifiques. Vous ne les verrez pas ailleurs dans le monde. Il y a bien sûr des touristes, mais pas tant que ça finalement. J’ai vu pas mal d’autres sites remarquables sur l’ile, qu’on n’a pas eu le temps de voir.

J’avais lu qu’il fallait au moins deux jours pour vraiment découvrir l’ile. Je le pense aussi. Peut-être même trois, si on veut prendre son temps. Le seul hic, c’est que ça revient assez cher, une visite de l’ile …

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