Saut en parachute

06/09/2009 - Pays : Australie - Imprimer ce message

Après le baptême des mers, il fallait naturellement que je fasse celui du ciel. Cairns est réputé pour ses activités sportives dont fait parti le saut en parachute. C’est même placardé à chaque coin de rue, qu’il est difficile de repartir de Cairns sans avoir fait son saut dans le vide. J’ai toujours voulu le faire, mais comme j’avais la trouille, je m’inventais chaque fois une excuse pour ne pas y aller. Pour être sûr de ne pas renoncer à la dernière minute, j’ai mis au courant tous mes compagnons de chambre : je n’allais quand même pas revenir en leur disant que j’ai refusé de sauter au dernier moment.

Me voilà donc à 9h devant l’agence, quelques personnes y sont déjà. Mon instructeur se présente à moi. C’est avec lui que j’effectuerais le saut. Oui, parce que vous pensez bien que le saut se fait en duo avec quelqu’un d’expérimenté ! Je dois passer un pantalon et un harnais de sécurité, puis on se met en route pour l’aéroport.

Notre avion est un petit coucou, mais alors vraiment très petit : on est serré comme des sardines. Les instructeurs présents font tous pour mettre une ambiance décontractée, pour que le stress ne s’installe chez les élèves. Et je sois dire que ça marche. Je n’ai toujours pas encore le stress. Si ce n’était pas le harnais, j’aurais l’impression de prendre un avion de ligne normal.

Comme pour la plongée, on a des consignes à respectées. Pas grand choses en fait : mettre ses bras sur la poitrine et repousser sa tête en arrière au moment du saut, les ouvrir lors du saut, et enfin de recroqueviller ses jambes lors de l’atterrissage. Mon instructeur me montre son altimètre : on est à 3000 pieds. J’ai choisi la formule à 11.000 pieds, elle me permet d’avoir 40 secondes de chute libre.

Je n’ai toujours aucun stress. Je m’étonne sur ce coup là. Il faut dire que les instructeurs n’arrêtent pas de déconner et de nous frapper sur l’épaule. On se regarde entre élève pour se jauger. On a tous l’air détendu. Il y a même un élève handicapé moteur parmi nous, preuve que ce ne doit pas être si dangereux que ça. L’avion a presque finit sa montée, on n’est pas loin de notre altitude de saut. L’instructeur me montre la Grande barrière de corail au loin. Au-dessous de nous, de multiples champs de culture.

Soudain, l’instructeur de devant relève la porte. Le vent s’engouffre dans l’habitacle. Et là, je dois dire que mon c½ur a commencé à s’emballer. C’est à ce moment que j’ai vraiment pris conscience que j’allais sauter ! L’atmosphère est devenue plus sérieuse. Je répète dans ma tête les consignes. Les instructeurs vérifient une dernière fois les harnais. On se rapproche de la porte. L’élève handicapé aura la chance ou la malchance de sauter le premier. Je serais en troisième position.

Ça y est les deux premiers se sont déjà élancés dans le vide. Je ne les ai pas entendus crier. Il faut dire que je suis occupé à contrôler ma respiration, et que ce qui se passe autour de moi m’importe peu. Mon instructeur me pousser fermement vers la sortie, et je me retrouve sur le rebord. Je préfère ne pas regarder en bas. « Let’s go ! ». Je crois que cette fois c’est parti ! Je me retrouve aspiré dans le vide. Je crispe mes muscles et je bloque ma respiration. On a fait 2 ou 3 retournés sur nous même avant de se stabiliser. L’instructeur me tapote sur l’épaule pour que j’ouvre les bras.

Je ne veux pas tomber dans les clichés sur cet état euphorisant, qu’on nous ressort lors de ces sports extrêmes. Pourtant c’est bien cela que j’ai ressenti pendant toute cette chute libre. Je n’avais plus aucun stress, que du bonheur ! J’avais envie de crier ma joie, d’ailleurs je criais ma joie. Le vent frais fouettait mon visage, je me sentais léger, libre. Le sol se rapprochait très rapidement, mais je vivais cela sans crainte, car je savais que le parachute s’ouvrirait bientôt. Je profitais donc de chaque seconde de cette chute libre.

J’ai senti ma chute ralentir, puis s’arrêter sèchement. Très sèchement même. On a même, un bref instant, l’impression de remonter. Voilà, s’en était terminé de la chute libre. Aussi soudainement qu’elle avait commencé. La descente se faisait lentement. En regardant le sol, je pouvais apercevoir des camions de taille minuscule. On était encore vachement haut. La descente en parachute est sensé être plus rassurante que la chute libre. Pourtant, suspendu à mon harnais dans le vide, aussi haut de le ciel, me donnait presque une sensation de vertige. Je n’ai pas aimé cette sensation, la descente m’a paru interminable.

L’instructeur man½uvrait le parachute en tirant sur des sangles pour l’amener au point de chute. On se balançait vraiment fermement lorsqu’on effectuait des virages. Le point de chute, pas loin d’un champ de canne à sucre, se rapprochait maintenant. Je devais relever les jambes pour permettre à l’instructeur d’atterrir. La vitesse d’atterrissage reste assez élevée. On s’est retrouvé étendus sur l’herbe. Je suis rassuré de toucher à nouveau la terre ferme.

Tout s’est donc bien passé. Finalement, ça n’a pas était si terrifiant que ça. Je pensais vivre plusieurs dizaines de secondes crispantes lors de la chute libre, comme dans un « Grand Huit ». Mais en fin de compte, ce n’était que les 3 premières secondes de la chute libre qui éprouve le corps. Ensuite, ce n’est que du bonheur. Voilà, on rentre au QG, et je rejoins ensuite l’aéroport à destination de la ville de Darwin …

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